David Foenkinos revient ce 2 avril 2026 avec son 21e roman intitulé Je suis drôle, publié aux éditions Gallimard. En cette occasion, il accorde à Babbelut un entretien à propos de son nouveau livre et son rapport à l’art.
De quoi parle Je suis drôle ?
C’est le portrait de Gustave Bonsoir, un jeune homme de 19 ans qui a la certitude d’être drôle. Il a eu une enfance assez difficile, assez douloureuse et il a le sentiment que l’humour lui permettrait de rattraper une forme d’amour qu’il n’a pas reçu. Il va donc enchaîner les scènes, les stands up, et va se rendre compte que finalement, c’est surtout lui qui pense être drôle. Il fait face à des difficultés, et puis, un jour, il se révèle dans un tout autre endroit, qui est le Musée de la tristesse. Ce que j’aime avec ce livre, c’est qu’il arrive de s’acharner dans une voie, alors que ce n’est pas la nôtre.
Qu’est-ce qui a inspiré ce nouvel ouvrage ?
Pour chacun de mes romans, l’inspiration me vient différemment. Concernant Je suis drôle, la première idée que j’avais était le Musée de la tristesse. Parallèlement à cela, il y a quelque chose d’extrêmement contemporain dans l’énergie de vouloir être drôle. Il y a un essor des comedy clubs, de plus en plus de jeunes ont l’ambition de monter sur scène et de vouloir faire rire. J’avais avant tout l’envie d’écrire à ce propos. L’humour est très important pour moi : les gens que j’admire le plus sont ceux qui me font rire.
À la lecture du titre, il parait évident que le livre va porter sur l’humour, alors qu’en lisant le synopsis, l’histoire parait tout de suite plus dramatique. Est-ce que ce paradoxe était volontaire ?
Gustave a une vie assez difficile, mais il y a tout de même de l’humour dans toutes les péripéties qu’il va traverser. Je suis drôle est certes un livre porté sur là-dessus, mais c’est surtout le chemin d’un jeune homme qui tente de trouver sa place dans la vie. De plus, la plupart de mes livres sont un mélange de fantaisie, d’humour, de drame et de mélancolie, et je pense que Je suis drôle en est le parfait archétype.
L’art est un sujet récurrent dans vos livres. Pourquoi autant l’évoquer ?
C’est une volonté très personnelle. À l’âge de seize ans, j’ai passé beaucoup de temps à l’hôpital. Pendant ce temps-là, j’ai beaucoup lu, et j’ai commencé à fréquenter les musées lorsque je suis sorti. La beauté m’a consolé, m’a sauvé, et j’ai le sentiment que l’art peut propulser dans le monde du sensible. Dans mes livres, j’évoque l’art comme un véhicule de la beauté, comme une forme d’épanouissement sensible. Pour reprendre l’exemple de Gustave, il va se retrouver dans un musée quelque peu particulier, mais c’est là que sa vie va basculer.
Le personnage de Gustave fait face à l’échec, tout comme Martin dans Numéro deux, est-ce que cette répétition est intentionnelle ?
C’est vrai, certains thèmes reviennent beaucoup dans mes livres. Ici, ce n’est pas seulement sur le thème de l’échec, mais aussi sur la vertu de l’échec, sur sa nécessité. Parfois, il est important de rater. Je pense même que c’est nécessaire. Gustave passe par des désillusions, du désespoir et des ratages pour se trouver et se comprendre. Cela fait de Je suis drôle un roman d’éducation et d’apprentissage.
Gustave va faire face à un succès auquel il ne s’attend pas. Est-ce que cela fait écho avec le succès explosif que vous avez eu avec La délicatesse ?
Le parallèle certain, c’est que j’ai le sentiment de ne rien avoir décidé dans ma vie. Lorsque j’ai commencé à écrire, pendant des années, je ne le disais à personne. J’ai été ensuite publié et tout ce qu’il s’est passé après était presque malgré moi. Certes, je travaille énormément, mais écrire est peut-être mon destin. Gustave fait un peu écho à la première partie de ma carrière.
Je me sens aussi proche de Gustave grâce à l’humour. Le plus important pour moi, c’est d’être drôle.
Je suis drôle est votre 21e roman. Qu’est-ce qui vous pousse à écrire depuis toutes ces années ?
Écrire n’est pas un choix, je ne peux pas vivre sans cela. Ce qui me pousse à écrire, c’est ma survie. Si je ne le faisais pas, je pense que j’agoniserais.
Est-ce que les deux Polonais présents dans le livre ?
Les deux Polonais sont présents dans tous mes livres, excepté Charlotte, qui est à part. C’est impensable qu’ils ne soient pas là. Les gens ne lisent pas mes livres pour savoir s’ils sont bien, mais pour retrouver ces deux personnages.
Pour retrouver les deux Polonais et découvrir l’histoire de Gustave Bonsoir, rendez-vous dans toutes les librairies indépendantes le 2 avril 2026.




