Cette nuit, le Met Gala 2026 a une nouvelle fois transformé les marches du Metropolitan Museum of Art en véritable scène artistique à ciel ouvert. C’est la soirée de l’année où chaque apparition est pensée comme une déclaration esthétique. Car aujourd’hui, l’événement dépasse largement le cadre de la mode : il flirte avec la performance, le manifeste, parfois même l’installation artistique.
Haute couture, version galerie
Le thème de cette édition, Fashion is Art, n’a laissé aucune place à la demi-mesure. Les invités ont été invités à sortir du simple exercice de style pour embrasser une vision plus conceptuelle. Silhouettes sculpturales, références à la peinture, hommages subtils à l’histoire de l’art… la mode s’y est exprimée comme un langage, capable de raconter, provoquer, questionner.
Ce choix n’est pas anodin. Il résonne directement avec l’ouverture de l’exposition Costume Art, attendue ce 10 mai au Costume Institute. Pensée comme une réflexion ambitieuse sur le statut du vêtement, elle pose une question aussi simple que vertigineuse : où s’arrête la mode, où commence l’art ? Peut-on regarder une robe comme on contemple une toile ? Assister à un défilé comme à une performance ? Pour la première fois, l’exposition investira les Condé Nast Galleries, un nouvel espace de 12 000 m² conçu comme un écrin spectaculaire.
Une soirée spectaculaire… et stratégique
Derrière le spectacle millimétré et les silhouettes spectaculaires, le Met Gala reste avant tout une machine philanthropique redoutablement efficace. Selon plusieurs médias américains, l’édition 2026 aurait permis de récolter près de 42 millions de dollars, un record, loin devant les 31 millions de 2025. Une somme clé pour le Costume Institute qui, malgré son rattachement au MET, fonctionne en autofinancement et dépend de cette levée annuelle pour poursuivre ses activités.
Sur le tapis rouge, le thème Fashion is Art a donné lieu à des interprétations contrastées. Certaines célébrités ont joué le jeu jusqu’au bout, transformant leur silhouette en véritable œuvre vivante : robes inspirées de tableaux, constructions quasi architecturales, clins d’œil appuyés aux grands mouvements artistiques. D’autres, en revanche, ont rappelé que la frontière entre audace et excès reste parfois mince.
Et puis, comme chaque année, reste cette question en suspens une fois les flashs éteints : quel look restera dans les mémoires ?
À vous de trancher !
15 looks qu’on ne parvient pas à se sortir de la tête
Gracie Abrams portait une robe Chanel dorée aux épaules dénudées, richement brodée de cristaux multicolores, inspirée du monde de Gustav Klimt et de ses œuvres aux accents précieux.
Après les JO, c’est sur le tapis rouge du Met Gala que Eileen Gu brille. Elle porte une robe évoque des bulles flottantes comme une œuvre vivante. Créée par Iris van Herpen, avec plus de 15 000 bulles en verre et une dimension technologique, la tenue vit sous les projecteurs.
La mannequin Anok Yai portait une robe Balenciaga inspirée des archives de 1949, look n°47 imaginé par Cristóbal Balenciaga, pensée comme une œuvre sculpturale évoquant une statue, en parfaite résonance avec le thème. Le détail qui fait toute la différence ? Son make-up !
Pièce d’archive absolument incroyable signée Vivienne Westwood, qui mêle force et vulnérabilité avec des détails comme des “lacérations” en bijoux rouges dans le dos. C’est pour Jeremy Pope, avec cette tenue inspirée du corps humain et de sa dualité, avec une illusion de torse musculaire créée en perles sur une veste corsetée.
Rosé s’inspire de l’histoire de l’art et de la mode, en choisissant une robe noire sans bretelles mêlant deux collections de Yves Saint Laurent (printemps 1998 et 2002). Le look rend hommage au motif d’oiseau, inspiré de Les Oiseaux de Georges Braque au musée du Louvre.
Inspirée de la célèbre sculpture antique Victoire de Samothrace, la tenue de Kendall Jenner reprend l’effet de drapé fluide et en mouvement comme un tissu sculpté par le vent. Réalisée en collaboration avec GapStudio, elle mêle référence artistique classique et approche moderne de la mode.
Emma Chamberlain et Jared Ellner ont construit un véritable moodboard en mêlant des références picturales signées Vincent van Gogh et Edvard Munch à l’esthétique audacieuse d’un look Mugler de 1997.
Colman Domingo portait un look Valentino audacieux aux accents patchwork, accessoirisé de bijoux Boucheron spectaculaires, dans un esprit artistique inspiré notamment de l’univers de Picasso.
Inspirée du film culte Sabrina avec Audrey Hepburn, la robe de Sabrina Carpenter signée Dior reprend une esthétique Old Hollywood en intégrant directement des bandes de pellicule dans le tissu.
Hunter Schafer portait une robe Prada claire aux découpes irrégulières et détails floraux, inspirée du tableau Mäda Primavesi de Gustav Klimt, évoquant une silhouette sortie tout droit de l’histoire de l’art.
Léna Mahfouf porte une tenue inspirée du corps comme une sculpture vivante, avec un bustier en forme de mains qui semblent modeler sa silhouette. Elle porte une création signée Burc Akyol, qui mélange sensualité, illusion et approche très sculpturale du vêtement.
Heidi Klum, reine des déguisements, est apparue comme une véritable sculpture vivante, vêtue d’une création Raffaelle Monti, moulante couleur pierre imitant le marbre, inspirée de The Veiled Vestal et réalisée pour donner l’illusion d’un corps sculpté dans la pierre.
Angela Bassett portait une robe rose florale signée Prabal Gurung, inspirée du tableau Girl in a Pink Dress de Laura Wheeler Waring, mêlant élégance et hommage à l’art afro-américain.
Naomi Watts portait une robe Dior bustier ornée d’appliqués floraux, complétée par des accessoires fleuris dans les cheveux, évoquant une silhouette délicate inspirée de la nature et de la peinture, comme dans A Vase of Flowers de Margareta Haverman.
Rachel Zegler porte une tenue inspirée du tableau The Execution of Lady Jane Grey, reprenant son atmosphère dramatique avec un voile et une mise en scène très théâtrale. Elle porte une création signée Prabal Gurung.
Pour visionner l’entièreté du live avec Vogue : youtube.com
Exposition « Costume Art »
Du 10 mai 2026 au 10 janvier 2027
The MET, 1000 Fifth Avenue, New York, NY 10028
Toutes les informations ici



